Les années cairotes ou mes débuts : ma double formation en droit égyptien et en droit français ainsi que ma découverte du droit comparé et du droit international privé
Mes premiers contacts avec le droit comparé ont commencé au Caire en 2002 lorsque j’ai suivi la double formation en droit français et droit égyptien offerte conjointement par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’université du Caire. Deux années plus tard, j’ai découvert le droit international privé qui m’a fasciné et séduit non seulement par ses constructions intellectuelles savantes, mais aussi par son objectif noble de faire coexister des systèmes juridiques différents, notamment en faisant produire des effets aux normes étrangères. Avec le recul, je mesure la chance que j’ai eue en ayant suivi ce cursus en Égypte qui est un pays intéressant du point de vue du droit comparé. En effet, l’Égypte est non seulement importatrice du droit (de la France), mais aussi exportatrice (vers les pays arabes). L’Égypte est aussi un point de rencontre entre la tradition civiliste et la tradition juridique islamique.

Les années parisiennes ou mes premiers pas dans le monde de la recherche et de la pratique : mon master en droit international privé, ma thèse en arbitrage et mes premiers enseignements et expériences professionnelles
C’est donc tout naturellement que j’ai choisi de suivre les enseignements du prestigieux master 2 en droit international privé de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où j’ai eu la chance d’être l’étudiant des professeurs Mayer, Heuzé, Muir Watt, Seraglini et Clavel entre autres.
Par la suite, j’ai eu le privilège d’être le doctorant du Prof. Mayer dont l’approche du droit m’a influencé : la théorie et la pratique ont vocation à s’enrichir mutuellement. L’observation de la pratique nous révèle des problèmes non envisagés par la théorie et nous pousse à affiner cette dernière de manière à trouver des solutions appropriées à ces problèmes, et ceci sans être limités par ce qui a été dit (par la doctrine) ou jugé (par les tribunaux). Dans ma thèse de doctorat sur l’impartialité de l’arbitre, j’ai identifié les problèmes concrets qui se posent en pratique et des enjeux posés avant de proposer des solutions appropriées à ceux-ci. Tout en étant soucieux de la garantie de l’impartialité des arbitres, j’ai essayé de faire preuve de réalisme et de pragmatisme, notamment afin de tenir compte des spécificités de l’arbitrage.
Mon travail de recherche, dont la rédaction s’est poursuivie après mon installation en Suisse, a donné lieu à la publication d’un ouvrage et a reçu plusieurs distinctions émanant à la fois du monde universitaire et de la communauté des praticiens. Le Tribunal fédéral suisse (Sun Yang v AMA & FINA, 4A_318/2020, ATF 147 III 65) a même cité et approuvé une de mes opinions.
Mes années parisiennes ne se résument pas aux études. Parallèlement à ma thèse, j’ai assuré des « travaux dirigés » à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pendant plus de quatre ans (environ 150 séances d’une heure et demie). Les matières enseignées étaient l’introduction au droit, le droit des contrats et la procédure civile.
En 2008, j’ai effectué un stage au Secrétariat de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI).
D’octobre 2010 à avril 2011, j’ai rejoint le bureau parisien d’une étude d’avocats américaine (Shearman & Sterling) dans le but d’assister le regretté Emmanuel Gaillard sur un litige arbitral impliquant le droit koweïtien et dont le montant dépassait les 7 milliards de dollars.
En 2012, j’ai eu la chance d’être le rapporteur d’un collège d’experts réunissant une douzaine d’experts égyptiens et français. Ce collège, présidé par Tony Moussa (doyen honoraire à la Cour de cassation française), a proposé une série de recommandations en vue d’améliorer la procédure suivie devant la Cour de cassation égyptienne.


Les années lausannoises ou le perfectionnement : ISDC, approfondissement des droits arabes et découverte du droit anglais, enseignement en France et en Suisse
Après des séjours de recherche à l’université de Columbia à New York puis à l’Institut Max Planck de Hambourg qui m’ont permis de découvrir d’autres manières d’appréhender le droit, d’enseigner et de faire de la recherche, j’ai commencé à travailler en 2013 à l’Institut suisse de droit comparé (ISDC) en tant que conseiller juridique responsable des droits des pays arabes. L’ISDC est un centre de recherche se trouvant sur le magnifique et verdoyant campus de l’université de Lausanne et dont la mission est de rendre accessible le droit étranger par le biais de sa bibliothèque, de ses avis de droit et de ses travaux de recherche. La nature de mon rôle à l’ISDC me plaît beaucoup puisqu’il se situe dans le monde de la recherche tout en étant au service des praticiens du droit. De nombreux chercheurs fréquentent sa bibliothèque fournie, ce qui donne lieu à des échanges enrichissants. Ce cadre idéal m’a encouragé à rester en Suisse et à ne pas demander un poste à l’université française après ma qualification aux fonctions de maître de conférences en droit privé en 2019.
Travailler en Suisse m’a permis de découvrir certains aspects du droit suisse (notamment l’impressionnante LDIP) et une approche du droit plus pratique et plus ouverte sur le droit comparé que celle que l’on retrouve généralement en France.
En parallèle à mon activité à l’ISDC, je suis intervenu régulièrement dans des universités suisses et françaises soit pour des enseignements ponctuels sur les droits arabes dans le cadre d’un cours de droit comparé, soit en assurant un cours entier (cours de M2 en droit de l’arbitrage à l’université de Savoie Mont Blanc). J’ai également été impliqué dans certaines activités de l’AHJUCAF (Association des Hautes Juridictions de Cassation des pays ayant en partage l’usage du Français). Cela m’a donné le privilège de côtoyer et d’échanger avec d’éminents juristes tels que Jean-Paul Jean (président de chambre honoraire à la Cour de cassation) et Pascale Deumier (Professeure à l’université Lyon III) ainsi que de nombreux juges de l’espace judiciaire francophone. Pendant l’année universitaire 2020-2021, j’ai réalisé un vieux rêve en suivant les enseignements du prestigieux Magister juris (LLM) de l’université d’Oxford. Même si les conditions n’étaient pas optimales à cause de la pandémie de Covid, j’ai quand même pu mieux comprendre la mentalité du juriste de common law en suivant les enseignements des plus grands spécialistes du droit anglais tels que Briggs, Dickinson, Peel et Zuckerman.


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